Mont-Louis

 A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le professeur Félix Trombe, chimiste, physicien et spéléologue français se tourne vers l'énergie solaire pour travailler sur des matériaux ultra-réfractaires. Pour ses premières expériences, il choisit de s'installer, en 1947,  à Mont Louis, pour créer deux ans plus tard le premier four solaire du monde. Bien que des panneaux solaires existaient déjà depuis quelques décennies.

Le principe du four consiste à rassembler sur une petite surface (le foyer) l'energie lumineuse qui arrive d'une plus grande surface et ainsi obtenir des températures plus élevées.Il est composé d'un premier four solaire mobile suivant le soleil à la trace, ensuite il oriente le feu du ciel sur un miroir parabolique qui le réfléchit dans un creusé. Les héliostats renvoient les rayons du soleil sur la parabole qui grâce à sa forme courbe, va rassembler l'energie solaire dans le foyer (par la tache focale) qui peut alors atteindre un maximum de 3800°C C'est là que le pouvoir du soleil intervient, le fer coule en 30 secondes et les corps les plus réfractaires brûlent comme des torches. Les astuces de Mont Louis témoignent de l'imagination scientifique. Ici, on récupère plus de la moitié de la puissance solaire, c'est à dire 3000°C,  alors que celle-ci est situé à 150 000 millions de kilomètres de la Terre et atteint une température de 6000°C en surface.

Grande parabole de Mont-Louis

En 1975, avec le choc pétrolier, l'énergie solaire est apparue comme une solution miracle. A cette même époque le four  de Mont- Louis fut démonté de la citadelle bulbaire pour être reconstruit dans les bastions sud des remparts où reprendront les expériences scientifiques au début des années 80. Mais en raison du manque d'argent, il entre en sommeil en 1986.

Le four solaire était donc endormi depuis 7 ans, lorsque une équipe formée de chercheurs décide de développer parallèlement à la recherche scientifique une unité de production solaire pour l'industrie et l'artisanat. Cette réactivation permet aujourd'hui de donner une nouvelle vie à cette installation remarquable et sert d'exemple à tous les fours solaires construits depuis lors. Ainsi est née l'entreprise "Four Solaire Developpement" qui démarra son activité le 1er juillet 1993.

Héliostat

Très vite il a fallu faire de nombreuses réparations notamment en construisant un nouvel héliostat, plus grand et beaucoup plus performant que celui d'origine. Construire un miroir géant de 141 m² n'est pas une mince affaire. Il s'agit là d'un prototype où chaque pièce est unique et dont l'ensemble des éléments qui pèsent une quinzaine de tonnes est assemblé au millimètre près. Les 567 miroirs de 50 cm de coté sont fixés l'un après l'autre par plusieurs points d'appui sur la charpente métallique mesurant 14 m de largeur et 70 m de haut. Ce n'est donc qu'après plusieurs mois de travail pour fixer la totalité des miroirs que l'on peut finalement passer à la phase de réglage pour obtenir une planéité parfaite. C'est là aussi une opération fastidieuse représentant six mois de travail, une grande rigueur et une extrême précision. C'est, rappelons -le, la qualité de ces derniers réglages dont dépend la performance finale du four solaire. Aujourd'hui, ce nouveau miroir est deux fois plus performant que l'ancien.

Aucune source d'énergie ne peut à elle seule assurer l'avenir de l'humanité, le soleil quand à lui brillera encore pendant 5 milliards d'années, et nous pourrons sans cesse récupérer son énergie. C'est pourquoi l'homme l'a apprivoisé, et notamment, le four solaire de Mont-Louis.

Le premier artisanat au monde fut la céramique, bien avant la métalurgie. C'est grâce à elle que l'homme est parvenu à la maîtrise du feu. Aujourd'hui la céramique sert de nouveau à démontrer que nous avons franchi une étape supplémentaire en maîtrisant le feu du ciel, ou mieux encore, en l'apprivoisant pour en faire notre allié. C'est en effet, grâce à son atelier de céramiques d'art, dont chaque pièce est cuite à plus de 1000°C dans un four chauffé par la seule concentration des rayons du soleil, que le four solaire de Mont-Louis prouve son savoir- faire et sa maîtrise technique. Il s'agit là d'une véritable première mondiale.

Poteries artisanales

Les céramiques sont disposées dans le four sur plusieurs niveaux, le dernier est réservé pour les pièces émaillées. Le laboratoire est à cinq mètres au-dessus du sol, afin de placer son ouverture en face du foyer, pour atteindre la température de 3000°C. Le four solaire est protégé par des fibres blanches réfractaires composées de silice d'oxyde d'aluminium. Les portes ont une épaisseur de 50 cm pour maîtriser précisément la montée en température. Grâce aux thermocouples, qui sont utilisés pour la mesure des températures, les portes sont juste légèrement refermées. L'importante superficie du concentrateur permet d'obtenir une puissance thermique de 50 kW de chaleur. Aucun matériaux ne résiste à un tel flux thermique. Ainsi, une cuisson de céramique dure deux heures et demi, le pain, lui, se cuit à une température atteignant les 200°C.

 

 Concernant la métallurgie, le bronze est utilisé pour confectionner des sifflets du train jaune ou des médailles. En vue de la fabrication de médailles, on fond un lingot de bronze, qui tombe goutte à goutte dans un récipient remplit d'eau. Le bronze éclate en petits pétales (percés par la suite), créant un choc thermique. Le résultat donnera des gouttes d'ardoises vitrifiées. Pour le temps de cuisson, si la masse est de 80 kg, le bronze est en fusion après deux heures.

La bonne utilisation de l'énergie solaire a permis aux chercheurs de créer des services plus ou moins indispensables à l'homme et son environnement. Par exemple, face au réchauffement climatique, des panneaux solaires ont été inventé. La vitre doit avoir une réaction effet de serre*. La lumière entre par la vitre, la plaque noire absorbe ses rayons dans un serpentin et chauffe les 200 litres. La durée de vie des panneaux solaires est, au minimum, de 20 ans.

Barbecue solaire

Avec l'énergie solaire on peut également faire la cuisine: c'est le cas du barbecue solaire. Il faut des feuilles d'aluminium polies, ainsi la chaleur se dégage du milieu du cercle noir, on y trouve quatre vis et des fils de fer. Il faut du bois et atteindre 250°C pour retrouver un barbecue traditionnel. Ce cuiseur solaire, a également, une fonction effet de serre et est doit être régulièrement orienté vers le soleil.

 

 

 

Nous pouvons également faire de la distillation solaire. En prenant le cas de la fleur de lavande, on peut la transformer en huile essentielle. Il faut tout d'abord des panneaux solaire à tubes sous-vide, ainsi qu'une réserve d'eau. L'eau part d'un bidon et chemine dans toute la longueur des tuyaux pour en ressortir sous forme de vapeur. Ensuite, il y a le panier cocotte où se situent les lavandes, sans eau. Plus loin, nous trouvons deux tubes en verre ainsi qu'un embout se trouvant au-dessus pour les brancher. Par la suite, de l'eau froide arrive en sens inverse grâce à une pompe solaire. L'eau tombe dans une ampoule à décanter, on fait couler l'eau puis on récupère les huiles.

Voici donc comment les chercheurs de Mont Louis apprivoisent le feu du ciel à quelques degrès près et comment, ils commencèrent le 1er juillet 1993 une production artisanale sans aucune pollution et en respectant parfaitement la nature grâce à l'utilisation de l'énergie du soleil qui est gratuite, propre et inépuisable.

 

 

 

*: Voir lexique

Noter cette rubrique

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note puis validez par "Noter"
Commentaire (0)
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

champ de sécurité

 



Dernière mise à jour de cette rubrique le 26/05/2008

Créer son site web gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - 324.239 ms.
Agenda Culturel - Videos Droles - Humour et Jeux - Clips musique - Faire un site web